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Techniques

Sections de câbles et calibres de disjoncteurs en domestique

Le tableau de référence des sections et protections pour l’éclairage, les prises et les circuits dédiés, et les cas qui trompent.

Par · Mis à jour le · publié le · 5 min de lecture

Quelle section pour quel disjoncteur : c’est la question la plus banale du métier. Pour les installations domestiques, le Livre 1 y répond par un tableau, le tableau 4.11, qui fixe le calibre maximal de la protection en fonction de la section des conducteurs. Un 2,5 mm² derrière un 25 A dépasse ce tableau. Ce rappel remet ces valeurs à plat, avec les cas où elles ne suffisent pas à dimensionner un circuit.

Le couple section/protection, en deux mots

Le principe tient en une phrase : la protection contre les surintensités protège la canalisation. Selon la sous-section 4.4.1.1 du Livre 1, elle interrompt le courant avant un échauffement dangereux pour l’isolation, les connexions, les canalisations et leur environnement. Le courant admissible d’un câble dépend de la section, de l’isolation, de la constitution de la canalisation, du mode de pose et de la température ambiante (sous-section 4.4.1.4).

La sous-section 4.4.3.2 fixe deux conditions. D’abord, le courant nominal In du dispositif est au moins égal au courant d’emploi IB du circuit et inférieur au courant admissible IZ de la canalisation qu’il protège. Ensuite, son courant conventionnel de fonctionnement If, celui qui traverse le dispositif et provoque son déclenchement, est inférieur ou égal à 1,45 fois IZ, et son courant conventionnel de non-fonctionnement Inf, celui qui le traverse sans provoquer son déclenchement, est inférieur ou égal à 1,15 fois IZ. On part donc du besoin du circuit, on choisit une section dont le courant admissible suffit (sous-section 5.2.1.2), et le calibre se place entre les deux.

Le réflexe à garder : la protection protège le câble. Un appareil qui demande plus de puissance n’autorise jamais à monter le calibre sans revoir la section.

Le tableau 4.11 du Livre 1

Pour les installations domestiques, la sous-section 4.4.1.4 donne l’intensité maximale du disjoncteur ou du fusible qui protège une canalisation, en fonction de la section des conducteurs. Extrait :

Section du conducteurDisjoncteur, intensité maximaleFusible, intensité nominale maximale
1,5 mm²16 A10 A
2,5 mm²20 A16 A
4 mm²25 A20 A
6 mm²40 A32 A
10 mm²63 A50 A

Ce sont des maxima, pas des valeurs recommandées. S’y ajoute une règle de section minimale (sous-section 5.2.1.2 et tableau 5.1) : hors machines et appareils, les conducteurs isolés de moins de 2,5 mm² sont interdits, sauf exceptions. Le 1,5 mm² est admis pour les circuits qui ne comportent pas de socle de prise de courant, à l’exception d’un socle unique de 2,5 A intégré dans un luminaire. D’où les deux couples de base : un circuit d’éclairage sans prise en 1,5 mm² sous 16 A au plus, un circuit de prises en 2,5 mm² sous 20 A au plus.

Deux précisions de la sous-section 5.3.5.2 pour le domestique : un circuit terminal alimente au plus huit socles de prise de courant, simples ou multiples. Et les prises, l’éclairage et d’autres appareils fixes peuvent partager un même circuit terminal, à l’exception des appareils fixes des circuits dédiés visés à la sous-section 5.2.1.2 : ce sont alors les prescriptions des circuits de prises qui s’appliquent, un appareil fixe ou un ensemble d’appareils fixes commandé par un appareil de manœuvre commun étant assimilé à un socle de prise de courant.

Les circuits dédiés

Dans les installations domestiques, la sous-section 5.2.1.2 impose un circuit dédié, et précise que la section se choisit en fonction de la puissance de l’appareil :

  • Les appareils de 2600 W ou plus : le texte vise « chaque appareil ou machine (mobile) à poste fixe d’une puissance nominale supérieure ou égale à 2600 W », c’est-à-dire installé à poste fixe ou mobile à poste fixe, deux catégories définies à la section 2.8.2. Il est alimenté séparément par un circuit dédié.
  • Le lave-linge, le lave-vaisselle, le sèche-linge : un circuit dédié chacun, quelle que soit leur puissance.
  • La cuisinière, la taque de cuisson et le four électriques : également un circuit dédié chacun. La section suit la puissance, et le calibre reste dans les limites du tableau 4.11.
  • Le chauffage électrique à poste fixe : ses appareils sont alimentés par un ou plusieurs circuits dédiés, sans condition de puissance.
  • Les gros consommateurs récents : pour la borne de recharge, la section 7.22.3 prévoit un circuit dédié par point de connexion. La pompe à chaleur se confronte au seuil de 2600 W des appareils ou machines (mobiles) à poste fixe ; l’application à un appareil précis relève de l’organisme agréé.

Les cas qui trompent

Le tableau 4.11 donne un plafond de calibre par section. Il ne dit pas qu’une section suffit dans toutes les conditions. Trois situations demandent un calcul.

  • Les longues distances. L’alimentation d’un abri de jardin, d’un garage détaché ou d’une annexe au fond du terrain peut être longue. La section doit alors aussi tenir compte de la chute de tension : même si la protection ne change pas, il peut falloir monter en section.
  • La chute de tension en général. Selon la section 5.2.5, elle est limitée aux valeurs décrites dans les règles de l’art, et la sous-section 5.2.1.2 exige qu’elle reste compatible avec un fonctionnement sûr des appareils alimentés. Elle se calcule, elle ne se devine pas.
  • Le mode de pose. Un câble encastré dans un isolant, des circuits regroupés dans la même gaine ou le même chemin de câbles, une pose enterrée : le mode de pose, l’environnement et la température font partie des paramètres du courant admissible (sous-section 4.4.1.4). Le même 2,5 mm² ne supporte pas la même chose posé seul en apparent ou serré contre d’autres circuits. Le calcul du courant admissible se fait conformément aux règles de l’art.

Dans le doute, on calcule, ou on retient une section supérieure.

Ces valeurs sur le schéma unifilaire

Pour les installations domestiques, la sous-section 3.1.2.2 demande que le schéma unifilaire reprenne au moins le type, la section et le nombre des conducteurs, le mode de pose, ainsi que le type et les caractéristiques des protections. C’est là que les incohérences se voient : « XVB 3G1,5 » sous un disjoncteur 20 A dépasse le calibre du tableau 4.11 sans qu’il soit besoin d’ouvrir le tableau. Ce que le Livre 1 prévoit pour le contrôle par l’organisme agréé, dont le contenu du rapport, est repris dans notre article sur le déroulé du contrôle RGIE.

Le bon moment pour vérifier ces couples, c’est à la saisie du schéma, pas la veille du contrôle. C’est le principe des vérifications continues d’Amperio : chaque circuit est confronté au Livre 1 au fil de la saisie, calibres des disjoncteurs et sections des conducteurs compris, et un écart est signalé à l’endroit exact du schéma.

Sources

  1. RGIE, Livre 1, section 4.4.1 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  2. RGIE, Livre 1, section 4.4.3 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  3. RGIE, Livre 1, section 5.2.1 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  4. RGIE, Livre 1, section 5.2.5 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  5. RGIE, Livre 1, section 5.3.5 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  6. RGIE, Livre 1, section 2.8.2 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  7. RGIE, Livre 1, section 3.1.2 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  8. RGIE, Livre 1, section 7.22.3 (SPF Économie, version du 29.10.2025)

Cet article est informatif. Il ne remplace ni le RGIE (Livre 1) ni l'avis de votre organisme agréé.

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