← Tous les articles
RGIE et contrôle

Mise à la terre : boucle, piquets et liaisons équipotentielles

Boucle de terre, piquets, résistance de dispersion et liaisons équipotentielles : ce que prévoit le Livre 1 du RGIE pour une installation domestique.

Par · Mis à jour le · publié le · 5 min de lecture

La terre est la partie invisible de l’installation : enterrée, encastrée, jamais spectaculaire. Elle pèse pourtant lourd au contrôle : la résistance de dispersion de la prise de terre y est mesurée, et sa valeur intervient dans le choix des différentiels. Boucle ou piquets, sectionneur de terre, liaisons équipotentielles : voici ce que prévoit le Livre 1 pour une installation domestique, du fond de fouille au tableau.

À quoi sert la terre

En cas de défaut d’isolement, une masse métallique peut se retrouver sous tension : la carcasse du lave-linge, le boîtier du four. Le Livre 1 traite la mise à la terre dans le cadre de la protection contre les chocs électriques par contact indirect. Les mesures de protection avec dispositif de coupure automatique, comme le différentiel, nécessitent une liaison des masses à un conducteur de protection (sous-section 4.2.3.1). L’installation de mise à la terre comprend les prises de terre, les conducteurs de terre, les conducteurs de protection et les éventuelles liaisons équipotentielles, principales et supplémentaires (sous-section 4.2.3.2).

Boucle de terre ou piquets

Pour les installations domestiques, la sous-section 5.4.2.1 prévoit deux familles de prises de terre :

  • La boucle de terre, pour tout nouveau bâtiment dont le fond de fouille de tout ou partie des fondations atteint au moins 60 cm : au moins une boucle disposée à fond de fouille, à la verticale des murs extérieurs. Le conducteur, en cuivre, a une section géométrique d’au moins 35 mm². Il est placé contre le terrain nu, recouvert de bonne terre, sans contact avec les matériaux des murs de fondation, et ses extrémités restent visitables.
  • Les prises de terre complémentaires, quand une boucle ne peut pas être installée (par exemple si la fouille n’est pas assez profonde) ou quand la résistance obtenue avec la boucle n’est pas suffisamment basse : conducteur enfoui horizontalement (35 mm² au moins, à 0,80 m de profondeur au moins, 15 m de long au moins), ou barres, piquets et conducteurs enfoncés dans le sol. Les barres et piquets ont une longueur minimale de 1,50 m, et la longueur enfouie sous le niveau −0,60 m est d’au moins 1,50 m.

La boucle se pose à fond de fouille, avant les fondations. Pensez-y au planning du gros œuvre, même si le chantier électrique ne commence que des mois plus tard. Pour les installations domestiques existantes, le chapitre 8.2 du Livre 1 prévoit des dispositions dérogatoires.

La résistance de terre mesurée au contrôle

Lors du contrôle de conformité avant mise en usage, la résistance de dispersion des prises de terre est mesurée (sous-section 6.4.5.2), et sa valeur figure dans le rapport. Pour les installations domestiques, la sous-section 4.2.3.2 demande une résistance de dispersion aussi faible que possible et inférieure à 100 ohms.

Le seuil de 30 ohms intervient dans le choix des différentiels (sous-section 4.2.4.3). Si la résistance de dispersion dépasse 30 ohms, au moins deux différentiels à haute ou très haute sensibilité sont placés immédiatement en aval du différentiel de l’origine de l’installation, chacun reprenant au maximum seize socles de prise de courant simples ou multiples, un appareil fixe ou un ensemble d’appareils fixes commandé par un appareil de manœuvre commun comptant comme un socle. Les circuits raccordés directement aux différentiels supplémentaires de l’origine, comme ceux des appareils fixes, reçoivent en plus au moins un différentiel de 100 mA au maximum par circuit ou groupe de circuits. Les figures 4.10 et 4.11 illustrent les deux configurations. Le rapport certifie ensuite l’adéquation entre les différentiels installés et la résistance mesurée (sous-section 6.4.6.4).

Le sectionneur de terre

Entre la prise de terre et le reste de l’installation se trouve le sectionneur de terre. En principe, aucun appareil de coupure n’est inséré dans le circuit des conducteurs de protection. Mais pour permettre la mesure de la résistance de dispersion de la prise de terre, le Livre 1 rend indispensable ce dispositif de coupure, démontable seulement à l’aide d’un outil (sous-section 5.4.3.5).

Pour une prise de terre commune à plusieurs installations domestiques, le texte ajoute qu’un seul sectionneur est installé, qu’il reste accessible, et que la présence d’une prise de terre commune et la localisation du sectionneur de terre commun sont mentionnées sur le schéma unifilaire et le plan de position de chaque installation concernée (point c. de la sous-section 5.4.2.1).

Avant la visite : localisez le sectionneur de terre et vérifiez qu’il est présent et démontable seulement à l’aide d’un outil (sous-section 5.4.3.5). C’est lui qui permet de mesurer la prise de terre seule.

Liaisons équipotentielles : principale et supplémentaire

La terre ne s’arrête pas à la prise de terre. Deux types de liaisons la prolongent dans le bâtiment :

  • La liaison équipotentielle principale est obligatoire dans chaque bâtiment (sous-section 4.2.3.4). Elle relie à la borne principale de terre notamment les canalisations principales métalliques d’eau et de gaz, les colonnes principales métalliques du chauffage central et de la climatisation, et les éléments métalliques fixes et accessibles faisant partie de la structure de la construction, qui peuvent propager un potentiel et qui sont considérés comme des masses (sous-section 4.2.3.2). Son conducteur a une section au moins égale à la moitié de celle du plus gros conducteur de protection (conducteur de terre exclu), avec un minimum de 6 mm² en cuivre, et peut être limitée à 25 mm² en cuivre (sous-section 5.4.4.1).
  • La liaison équipotentielle supplémentaire relie localement les masses et les éléments conducteurs étrangers simultanément accessibles. Dans un lieu contenant une baignoire ou une douche, la sous-section 7.1.4.4 la prévoit, avec des exceptions, dont les canalisations non conductrices comme la matière synthétique. Ses conducteurs ont une section au moins égale à la moitié de celle du conducteur de protection relié à la masse (conducteur de terre exclu) quand la liaison relie une masse à un élément conducteur étranger, ou à la plus petite section des conducteurs de protection reliés quand elle relie des masses d’appareils différents ; dans ce second cas, on s’assure qu’un courant de défaut ne risque pas de provoquer dans le conducteur de protection de plus faible section une contrainte thermique supérieure à celle qu’il admet. En tout cas, ils ne font pas moins de 2,5 mm² s’ils sont protégés mécaniquement, et 4 mm² sinon (sous-section 5.4.4.2). Le reste des règles est détaillé dans notre article sur les volumes de la salle de bains.

Au contrôle, le rapport porte aussi sur la continuité des connexions équipotentielles, principale et supplémentaire, et des conducteurs de protection (sous-section 6.4.6.4). Après des travaux de plomberie, vérifiez que les liaisons existantes ont été reprises.

Les points à vérifier

  • La boucle au planning. Sur un nouveau bâtiment concerné, elle se pose à fond de fouille : c’est le moment à ne pas manquer.
  • La résistance face aux différentiels. Au-delà de 30 ohms, la configuration des différentiels change (sous-section 4.2.4.3).
  • Le sectionneur de terre présent, et démontable à l’outil pour la mesure.
  • Les liaisons équipotentielles reprises après une rénovation : nouvelle plomberie, ancienne liaison à vérifier.
  • La terre dans les documents. Le rapport de contrôle décrit le type de prise de terre installée et reprend la valeur de sa résistance de dispersion (sous-section 6.4.6.4).

Dans Amperio, une tâche comme la pose d’une liaison équipotentielle se suit avec les autres tâches du chantier, et le dossier électrique (schéma unifilaire, plan de position et données de l’installation) s’exporte en PDF pour l’organisme agréé. Pour le déroulé de la visite, voyez notre article sur la visite de l’organisme agréé.

Sources

  1. RGIE, Livre 1, section 4.2.3.1 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  2. RGIE, Livre 1, section 4.2.3.2 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  3. RGIE, Livre 1, section 4.2.3.4 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  4. RGIE, Livre 1, section 4.2.4.3 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  5. RGIE, Livre 1, section 5.4.2.1 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  6. RGIE, Livre 1, section 5.4.3.5 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  7. RGIE, Livre 1, sections 5.4.4.1 et 5.4.4.2 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  8. RGIE, Livre 1, sections 6.4.5.2 et 6.4.6.4 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  9. RGIE, Livre 1, section 7.1.4.4 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  10. RGIE, Livre 1, chapitre 8.2 (SPF Économie, version du 29.10.2025)

Cet article est informatif. Il ne remplace ni le RGIE (Livre 1) ni l'avis de votre organisme agréé.

Essayez Amperio sur votre prochain chantier

Un chantier gratuit pendant 7 jours, sans carte de crédit.

Essayer gratuitement

À lire ensuite