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RGIE et contrôle

Salle de bains : les volumes 0, 1, 2 expliqués simplement

Ce que vous pouvez installer dans chaque volume d’une salle de bains, avec des exemples concrets et les erreurs à éviter.

Par · Mis à jour le · publié le · 7 min de lecture

Le RGIE découpe l’espace autour de la baignoire et de la douche en volumes, avec des règles de plus en plus strictes à mesure qu’on s’approche de l’eau. C’est le chapitre 7.1 du Livre 1, qui s’applique aux lieux contenant de façon permanente une baignoire ou une douche, aux lieux où des applications mobiles sont installées, par exemple une douche mobile de chantier, ainsi qu’aux modifications et extensions de ces lieux. Voici la logique, sans jargon.

Pourquoi des volumes

Dans une salle de bains, la peau est mouillée, parfois immergée : le tableau 7.3 du Livre 1 classe l’état du corps humain en BB3 (peau immergée) dans les volumes 0 et 1, et en BB2 (peau mouillée) ailleurs. Le Livre 1 gradue donc les exigences selon la proximité de la baignoire ou de la douche : plus on est près de l’eau, moins on admet de matériel. S’ajoutent deux mesures pour tout le lieu : les circuits protégés par un différentiel à haute ou très haute sensibilité, soit 30 mA au plus selon la section 2.6.4, sauf TBTS, séparation de sécurité ou installation de sécurité (sous-section 7.1.4.3), et la liaison équipotentielle supplémentaire (sous-section 7.1.4.4).

Les trois volumes, simplement

Les volumes s’imbriquent autour de la baignoire, ou de chaque arrivée d’eau fixe pour une douche. La sous-section 7.1.3.2 en fixe les limites ; en voici l’essentiel :

VolumeOùIdée directrice
Volume 0L’intérieur de la baignoire, ou du receveur de douche d’au moins 0,10 m de profondeur. Sans receveur, ou avec un receveur moins profond : une tranche de 0,10 m au-dessus du sol, dans un rayon de 1,20 m autour de chaque arrivée d’eau fixeL’eau elle-même : quasiment rien n’y est admis
Volume 1Au-dessus du volume 0, jusqu’à 2,25 m au-dessus du fond de la baignoire, du receveur ou du sol, ou plus haut dans certains cas, par exemple une arrivée d’eau fixe plus haute. Limité par le bord extérieur de la baignoire, ou à 1,20 m de chaque arrivée d’eau fixe pour une douche. Si le receveur a une profondeur d’au moins 0,10 m et un ou plusieurs bords extérieurs situés à 1,20 m ou plus du centre des arrivées d’eau fixes, cette limite est déplacée jusqu’à ces bords. L’espace sous la baignoire ou le receveur en fait partieLa zone arrosée : matériel limité
Volume 2Pour une baignoire seulement : une bande de 0,60 m autour du volume 1, sur la même hauteur. Le volume 2 n’est pas défini pour une doucheDes exigences allégées mais réelles

Hors volumes, le reste du lieu garde ses propres règles. Selon la sous-section 7.1.1.1, il va du sol fini jusqu’à 3 m de haut, ou jusqu’au plafond s’il est plus bas, et jusqu’à 4 m des arrivées d’eau fixes, dans la limite des parois verticales fixes d’au moins 2,25 m de haut ou jointives avec un plafond ou un faux plafond non ajouré et non démontable sans outil. Attention aux cas particuliers : une douche sans receveur, une baignoire dont le fond n’est pas au niveau du sol, une paroi fixe ou une porte modifient le découpage (sous-sections 7.1.3.1 à 7.1.3.4). Une douche à plusieurs arrivées d’eau fixes suit la combinaison la plus sévère des volumes. En cas de doute, mesurez et reportez-vous aux figures du Livre 1.

Ce qui est admis dans chaque volume

  • Volume 0 : uniquement des machines ou appareils fixes, adaptés à ce volume selon les instructions du fabricant, connectés de façon permanente et alimentés en TBTS, avec la source TBTS hors des volumes 0 et 1. Pas de prise, pas d’appareil de commande sauf celui qui fait partie de ces appareils, en TBTS. La tension TBTS est limitée à 12 V en alternatif (tableau 7.2), ou 6 V si le matériel est IP00 (tableau 7.1).
  • Volume 1 : appareils fixes et prises en TBTS, appareils de commande en TBTS, toujours avec la source hors des volumes 0 et 1 ; et appareils fixes en basse tension s’ils sont adaptés à ce volume selon le fabricant et connectés de façon permanente, pas par une prise. Les prises et appareils de commande qui font partie de ces appareils fixes en basse tension sont autorisés à condition d’être alimentés en TBTS, avec la source hors des volumes 0 et 1.
  • Volume 2 : appareils fixes, connectés de façon permanente ou par une prise ; prises en TBTS ; prises en basse tension protégées soit par un différentiel à très haute sensibilité, soit chacune par un transformateur de séparation de 100 W au plus ; appareils de commande en TBTS ou en basse tension.
  • Hors volumes : les prises sont possibles, sur les circuits protégés du lieu. Dans les volumes 0, 1 et 2, les tableaux de répartition sont interdits.

Le degré de protection contre l’eau découle du tableau 7.3 : AD7 dans le volume 0, AD4 au minimum dans le volume 1, AD4 dans le volume 2 et AD2 hors volumes, ce qui correspond selon le tableau 5.4 à IPX7, IPX4 et IPX1. Une note du tableau 7.3, attachée au volume 2 et à la zone hors volumes, fixe à IPXX le degré de protection autorisé des socles de prise de courant alimentés en basse tension : pas d’exigence IP particulière pour ces socles. Quand un appareil chevauche plusieurs endroits, ce sont les prescriptions les plus contraignantes du tableau 7.3 qui s’appliquent (sous-section 7.1.5.1).

La liaison équipotentielle supplémentaire

Selon la sous-section 7.1.4.4, elle relie localement toutes les masses du matériel électrique et tous les éléments conducteurs étrangers simultanément accessibles du lieu. La figure 7.1 cite la décharge métallique, les canalisations métalliques d’eau et de chauffage central, la baignoire métallique, les huisseries métalliques et le radiateur métallique. Sont exclus les masses du matériel en TBTS, les canalisations non conductrices comme la matière synthétique, les radiateurs alimentés par ces canalisations et les enveloppes du matériel de classe II. Le but : qu’aucune tension dangereuse ne s’établisse entre deux éléments touchés en même temps. Selon la sous-section 5.4.4.2, la section des conducteurs est au moins égale à la moitié de celle du conducteur de protection relié à la masse, le conducteur de terre étant exclu, quand la liaison relie cette masse à un élément conducteur étranger, ou à la plus petite section des conducteurs de protection reliés quand elle relie des masses d’appareils différents ; et en tout cas pas moins de 2,5 mm² si les conducteurs sont protégés mécaniquement, 4 mm² sinon. Le principe général est expliqué dans notre article sur la mise à la terre.

Trois cas concrets

  • Le spot au-dessus de la douche. Dans le volume 1, un luminaire n’est admis qu’en TBTS avec la source hors des volumes 0 et 1, ou en basse tension s’il est adapté à ce volume selon le fabricant et raccordé de façon permanente. Au-dessus de la hauteur du volume 1, on est hors volumes.
  • La prise rasoir près du lavabo. Tout dépend du volume où tombe la prise : aucune prise dans le volume 0, seulement une prise TBTS dans le volume 1, et dans le volume 2 une prise basse tension sur transformateur de séparation individuel de 100 W au plus ou derrière un différentiel à très haute sensibilité.
  • Le sèche-serviettes. Appareil fixe, admis dans le volume 2, et dans le volume 1 en basse tension seulement s’il est adapté à ce volume et connecté de façon permanente. Son circuit est protégé par un différentiel à haute ou très haute sensibilité, et sa masse entre dans la liaison équipotentielle sauf s’il est de classe II. Le poser hors des volumes simplifie les choses.

Les points à vérifier

  • Mesurer de mémoire. Les limites de volumes se mesurent sur place, pas à l’œil. Une prise posée trop près se déplace difficilement une fois le carrelage fini.
  • Oublier la douche italienne. Sans receveur, le volume 0 part du sol sur 1,20 m autour de chaque arrivée d’eau fixe, et le volume 1 monte sur ce même rayon jusqu’à 2,25 m au moins, sauf paroi fixe qui le limite.
  • Négliger la liaison équipotentielle parce que tout est encastré. Elle vise toutes les masses et tous les éléments conducteurs étrangers simultanément accessibles ; seules les exclusions de la sous-section 7.1.4.4 y échappent.
  • Un dossier muet sur la salle de bains. Le schéma unifilaire reprend le type et les caractéristiques des différentiels (sous-section 3.1.2.2), et le plan de position la position des prises, points lumineux et appareils fixes (sous-section 3.1.2.3).

Le réflexe du doute : quand un appareil chevauche deux endroits, le Livre 1 applique les prescriptions les plus contraignantes du tableau 7.3. Quand une limite est incertaine, mesurez à nouveau ou éloignez le matériel de l’eau.

Au moment de documenter la pièce, autant que le dossier suive : dans Amperio, chaque circuit est confronté au RGIE au fil de la saisie, et un différentiel 30 mA manquant est signalé à l’endroit exact du schéma. Sur le plan de position, chaque élément, dicté ou posé, se place dans la bonne pièce.

Sources

  1. RGIE, Livre 1, section 7.1.1 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  2. RGIE, Livre 1, section 7.1.3 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  3. RGIE, Livre 1, section 7.1.4 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  4. RGIE, Livre 1, section 7.1.5 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  5. RGIE, Livre 1, section 2.6.4 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  6. RGIE, Livre 1, section 5.3.2.2 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  7. RGIE, Livre 1, section 5.4.4.2 (SPF Économie, version du 29.10.2025)
  8. RGIE, Livre 1, section 3.1.2 (SPF Économie, version du 29.10.2025)

Cet article est informatif. Il ne remplace ni le RGIE (Livre 1) ni l'avis de votre organisme agréé.

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