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Schéma et plan

Va-et-vient, télérupteur et double allumage sur le schéma

Deux interrupteurs pour un point lumineux, des boutons-poussoirs sur un télérupteur, un double allumage : les représenter et les numéroter sur schéma et plan.

Par · · 9 min de lecture

Un couloir commandé des deux bouts, une cage d’escalier à boutons-poussoirs, une cuisine dont un seul interrupteur allume le plafonnier ou la hotte : ces trois montages reviennent sur presque tous les chantiers, et ils se dessinent mal quand on improvise. Le Livre 1 du RGIE donne pourtant tout ce qu’il faut : un symbole pour chaque appareil de commande, et une règle de numérotation qui dit quel numéro porte chaque interrupteur. Ce guide reprend les trois montages un par un, sur le schéma unifilaire puis sur le plan de position.

Ce que le Livre 1 demande pour une commande d’éclairage

Pour une installation domestique, la sous-section 3.1.2.2 liste ce que le schéma unifilaire reprend au moins. Parmi ces éléments figurent les interrupteurs, les points lumineux, les boîtes de connexion et les boîtes de dérivation, à côté des canalisations avec leur type, leur section et leur nombre de conducteurs, de leur mode de pose et des protections. La sous-section 3.1.2.3 demande ensuite que le plan de position indique la position des interrupteurs, des points lumineux, des boîtes de connexion et des boîtes de dérivation dont le schéma fait mention.

La règle qui compte pour les commandes se trouve dans la sous-section 3.1.2.1. Sur le schéma unifilaire, chaque circuit élémentaire porte une lettre majuscule, et chaque point lumineux, chaque socle de prise de courant et chaque unité de commande reçoit un numéro d’ordre, dans l’ordre où on les rencontre en partant du dispositif de protection contre les surintensités. Sur le plan de position, chaque interrupteur et chaque unité de commande sont identifiés par la lettre du circuit et par le numéro d’ordre du point lumineux ou de l’appareil qu’il commande. Un interrupteur ne reçoit donc pas son propre numéro : il emprunte celui de la lampe.

Les symboles viennent du tableau 2.23 du chapitre 2.13. La sous-section 3.1.2.1 précise que si aucun symbole n’y est enregistré pour un élément, tout autre symbole clairement identifiable et défini dans la légende peut être utilisé. Les familles complètes sont décrites dans notre article sur les symboles du schéma unifilaire.

Les symboles des trois montages

MontageAppareils de commandeDescription du tableau 2.23
Va-et-vient, deux endroitsDeux interrupteurs unipolaires va-et-vientInterrupteur à deux directions, pour établir ou interrompre un circuit de deux endroits différents
Va-et-vient, trois endroits et plusDeux va-et-vient aux extrémités et un commutateur intermédiaire par point supplémentaireCommutateur intermédiaire pour va-et-vient, multidirections, qui permet d’établir ou d’interrompre un circuit d’un nombre quelconque d’endroits
TélérupteurDes boutons-poussoirs et un télérupteurLe bouton-poussoir et le télérupteur ont chacun leur symbole ; la minuterie et l’interrupteur horaire aussi
Double allumageUn commutateur unipolaireCommutateur qui établit ou interrompt séparément deux circuits d’un seul endroit

Le tableau 2.23 distingue aussi le point lumineux, le point d’attente d’appareil d’éclairage en applique murale et le luminaire avec interrupteur unipolaire incorporé. Il prévoit un symbole d’interrupteur bipolaire va-et-vient, un gradateur, un interrupteur à lampe témoin et un détecteur de mouvement dont la technologie, infrarouge, radar ou combinaison, est à mentionner à côté du symbole.

Étape 1 : le va-et-vient

Prenez un couloir dont le plafonnier se commande depuis l’entrée et depuis le palier. Sur le schéma unifilaire, le circuit d’éclairage porte sa lettre, disons C. Le plafonnier est le deuxième point rencontré depuis le disjoncteur : il devient C2. Les deux interrupteurs va-et-vient se dessinent avec le symbole de l’interrupteur unipolaire à deux directions, reliés au point C2.

Sur le plan de position, le plafonnier porte C2 à son emplacement réel. Les deux interrupteurs portent aussi C2, l’un près de la porte d’entrée, l’autre sur le palier : la sous-section 3.1.2.1 leur attribue le numéro du point qu’ils commandent. Celui qui lit le plan voit d’un coup d’œil que ces deux appareils agissent sur la même lampe.

À partir de trois points de commande, le montage garde ses deux va-et-vient aux extrémités et reçoit un commutateur intermédiaire par point ajouté. Chaque commutateur intermédiaire porte lui aussi le numéro du point lumineux. Le montage dit en croisement se lit donc avec trois symboles différents sur le schéma, deux va-et-vient et un intermédiaire, tous repérés C2.

Étape 2 : le télérupteur et ses boutons-poussoirs

Dans une cage d’escalier à quatre boutons-poussoirs, le télérupteur se trouve au tableau ou dans une boîte de dérivation. Le tableau 2.23 lui donne un symbole propre : il figure sur le schéma unifilaire, parmi les interrupteurs que la sous-section 3.1.2.2 demande de reprendre. Les points lumineux qu’il commande gardent leur numéro d’ordre dans le circuit, par exemple D1 et D2 pour les deux lampes de l’escalier.

Les boutons-poussoirs sont des unités de commande. Sur le plan de position, chacun porte la lettre du circuit et le numéro d’ordre de l’appareil qu’il commande. Si le télérupteur allume les deux lampes ensemble, le texte ne tranche pas quel numéro reporter : indiquer les deux, D1 et D2, sur chaque bouton-poussoir est la lecture la plus fidèle à la règle, et une légende sur le plan lève le doute. Si le télérupteur est logé dans une boîte de dérivation, cette boîte figure sur le schéma et sur le plan, les sous-sections 3.1.2.2 et 3.1.2.3 la citent toutes les deux.

Une minuterie à la place du télérupteur suit la même logique, avec son propre symbole du tableau 2.23. Un détecteur de mouvement qui remplace les boutons-poussoirs se dessine avec le symbole général du détecteur, complété par la mention de la technologie utilisée.

Étape 3 : le double allumage

Dans la cuisine, un seul appareil commande le plafonnier et l’éclairage du plan de travail. Le tableau 2.23 appelle cet appareil un commutateur unipolaire, avec la précision double allumage : il établit ou interrompt séparément deux circuits d’un seul endroit. Les deux points lumineux sont distincts et reçoivent chacun leur numéro d’ordre, par exemple E3 pour le plafonnier et E4 pour le plan de travail.

Sur le plan, le commutateur porte la lettre E et les numéros des points qu’il commande, E3 et E4. Comme pour le télérupteur, le Livre 1 ne prévoit pas en toutes lettres le cas d’un appareil qui commande deux points. Deux numéros côte à côte restent la façon la plus simple de respecter la règle et de ne pas laisser croire à un interrupteur simple.

Un seul numéro par lampe : quel que soit le montage, le numéro suit le point lumineux, jamais l’interrupteur. Deux interrupteurs qui portent le même numéro, c’est normal pour un va-et-vient. Deux lampes qui portent le même numéro, c’est une erreur.

Étape 4 : le circuit autour des commandes

Les trois montages s’inscrivent dans un circuit d’éclairage qui doit lui-même répondre au Livre 1. Le schéma reprend, pour sa canalisation, le type, la section, le nombre de conducteurs et le mode de pose, ainsi que le type et les caractéristiques du disjoncteur et du différentiel en amont (sous-section 3.1.2.2). La sous-section 5.3.5.2 impose au moins deux circuits d’éclairage distincts pour les unités d’habitation qui comprennent plus de deux locaux ou emplacements : le couloir et l’escalier ne peuvent pas dépendre du même disjoncteur que tout le reste de la maison.

La même sous-section autorise les circuits mixtes : les socles de prise de courant, les appareils d’éclairage et d’autres appareils fixes peuvent partager un circuit terminal, hors appareils fixes des circuits dédiés. Dans ce cas, un ensemble d’appareils fixes commandé par un appareil de manœuvre commun est assimilé à un socle de prise de courant pour la limite de huit socles par circuit. Les spots du plan de travail commandés par le double allumage comptent donc pour un socle sur un circuit mixte.

Un point de câblage se lit aussi sur le schéma : selon la sous-section 5.3.3.2, un dispositif de commande unipolaire n’est pas placé sur le conducteur neutre, sauf pour l’exécution des mesures. Un va-et-vient unipolaire coupe la phase. Si vous dessinez un interrupteur bipolaire, utilisez le symbole bipolaire du tableau 2.23 pour que le lecteur ne s’y trompe pas.

Étape 5 : du schéma au plan, et à la mise à jour

Le plan de position reprend le repérage du schéma à l’identique : même lettre, même numéro sur chaque point lumineux, chaque boîte et chaque interrupteur (sous-section 3.1.2.1). Sur place, la sous-section 3.1.3.2 dispense de repérer physiquement les interrupteurs et les points lumineux si l’origine de leur circuit d’alimentation est identifiable : le plan et le schéma portent le repérage, pas forcément l’appareil.

Quand un client demande un troisième point de commande après le contrôle, la sous-section 3.1.2.1 règle la suite. Si la modification ne peut pas être qualifiée d’importante, une description succincte, datée et signée, suffit à la place d’un nouveau schéma unifilaire. Le plan de position, lui, est mis à jour dans tous les cas : il donne à tout moment la situation existante. Notre guide sur le plan de position détaille la méthode pièce par pièce, et celui sur le schéma unifilaire reprend l’ensemble du contenu attendu.

Liste de vérification

  • Chaque circuit d’éclairage porte une lettre majuscule et chaque point lumineux un numéro d’ordre depuis le disjoncteur (3.1.2.1).
  • Chaque interrupteur, va-et-vient, commutateur intermédiaire ou bouton-poussoir porte, sur le plan, la lettre du circuit et le numéro du point qu’il commande (3.1.2.1).
  • Les deux va-et-vient d’un même point lumineux portent le même numéro ; à partir de trois points, un commutateur intermédiaire par point ajouté (tableau 2.23).
  • Le télérupteur ou la minuterie figure sur le schéma avec son symbole, et sa boîte de dérivation sur le schéma et le plan (3.1.2.2 et 3.1.2.3).
  • Le double allumage est dessiné avec le symbole du commutateur unipolaire et commande deux points numérotés séparément (tableau 2.23).
  • Le détecteur de mouvement mentionne sa technologie, infrarouge, radar ou combinaison (tableau 2.23).
  • Les canalisations du circuit ont leur type, leur section, leur nombre de conducteurs et leur mode de pose (3.1.2.2).
  • L’habitation de plus de deux locaux compte au moins deux circuits d’éclairage distincts (5.3.5.2).
  • Aucun dispositif de commande unipolaire n’est placé sur le neutre (5.3.3.2).
  • Tout symbole absent du tableau 2.23 est défini dans la légende (3.1.2.1).

Avec Amperio

Dans Amperio, vous dessinez le schéma unifilaire à la main ou à la voix, en posant les va-et-vient, télérupteurs et commutateurs depuis les symboles du tableau 2.23, et le plan de position se construit en accord avec le schéma : chaque interrupteur y reprend la lettre et le numéro du point qu’il commande. Chaque circuit est confronté au RGIE (Livre 1) au fil de la saisie, et un écart est signalé à l’endroit exact du schéma. Ces vérifications aident à préparer le contrôle et ne remplacent pas l’organisme agréé. La page schéma unifilaire montre le déroulé sur un chantier.

Sources

  1. RGIE, Livre 1, sous-section 3.1.2.1 (SPF Économie, version 07 du 15.09.2026)
  2. RGIE, Livre 1, sous-sections 3.1.2.2 et 3.1.2.3 (SPF Économie, version 07 du 15.09.2026)
  3. RGIE, Livre 1, chapitre 2.13, tableau 2.23, parties E et G (SPF Économie, version 07 du 15.09.2026)
  4. RGIE, Livre 1, sous-section 5.3.3.2 (SPF Économie, version 07 du 15.09.2026)
  5. RGIE, Livre 1, sous-section 5.3.5.2 (SPF Économie, version 07 du 15.09.2026)
  6. RGIE, Livre 1, sous-section 3.1.3.2 (SPF Économie, version 07 du 15.09.2026)

Cet article est informatif. Il ne remplace ni le RGIE (Livre 1) ni l'avis de votre organisme agréé.

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