Pouvoir de coupure : 3 kA suffisent-ils dans une maison ?
Le Livre 1 plafonne à 3000 A le court-circuit présumé derrière les premiers disjoncteurs d’une maison. Ce que ça impose aux appareils, aux marquages, au schéma.
Oui, à une condition que le Livre 1 pose lui-même : dans une installation domestique, le courant de court-circuit présumé aux bornes aval des premiers disjoncteurs ne peut pas dépasser 3000 A. Le règlement fixe ensuite, appareil par appareil, le pouvoir de coupure minimal et les marquages à retrouver sur le tableau. Voici la règle, ses conditions, et ce qu’elle change sur le schéma.
Ce que mesure le pouvoir de coupure
La section 2.6.4 définit le pouvoir de coupure comme la valeur du courant que le dispositif de protection est capable d’interrompre sous une tension spécifiée et dans des conditions prescrites d’emploi et de fonctionnement. La règle générale suit dans la sous-section 4.4.2.1 : un dispositif de protection contre les courts-circuits a un pouvoir de coupure au moins égal au courant de court-circuit présumé, tel que défini par les règles de l’art, au point où il est installé. Sa seconde condition porte sur le temps : la coupure d’un court-circuit franc ne dure pas plus longtemps que le temps nécessaire pour porter les conducteurs à leur température limite.
La règle domestique : 3000 A
Le point e de la sous-section 5.3.5.5 commence par le principe, fusibles et disjoncteurs ont le pouvoir de coupure correspondant à la puissance de court-circuit présumée à l’endroit de leur installation, puis fixe le cadre du domestique. L’intensité du courant de court-circuit présumé en monophasé, aux bornes aval des premiers dispositifs de protection contre les surintensités placés après le ou les différentiels généraux, ne peut excéder 3000 A.
En amont de ces bornes, le même point impose :
- aux dispositifs de protection contre les surintensités du gestionnaire de réseau de distribution, un pouvoir de coupure minimal de 6000 A ;
- aux dispositifs de protection contre les surintensités de l’installation, un pouvoir de coupure minimal de 3000 A, avec le marquage 3000 entouré d’un rectangle pour les petits disjoncteurs ; les disjoncteurs de première ligne en aval du dispositif du gestionnaire de réseau, à l’exception des disjoncteurs à broches, portent en outre un marquage conforme pour la classe de limitation d’énergie 3 ;
- aux coupe-circuit à fusibles et aux disjoncteurs à broches, un pouvoir de coupure minimal de 3000 A ;
- aux différentiels et aux dispositifs de coupure, une résistance à une valeur I²t d’au minimum 22,5 kA²s pour un courant de 3000 A ; un différentiel sans protection contre les surintensités porte au moins l’indication « 3000 A, 22,5 kA²s », les deux caractéristiques réunies sur une même face visible après installation.
Le point e ajoute une exigence de montage : la liaison électrique entre le différentiel et les dispositifs de protection contre les surintensités placés immédiatement en aval est réalisée au moyen d’éléments conducteurs rigides.
Lire la réponse sur le tableau
Sur un petit disjoncteur, la valeur dans un rectangle donne le pouvoir de coupure : 3000, ou davantage. Sur un différentiel seul, l’indication « 3000 A, 22,5 kA²s » confirme la tenue au court-circuit exigée. Un appareil qui ne porte pas ces marquages n’apporte pas la preuve demandée par le point e, et c’est sur la face visible après installation que l’organisme agréé la cherchera.
Quand le courant de court-circuit dépasse ce qu’un appareil supporte
La sous-section 4.4.1.3 admet qu’un dispositif de protection ait un pouvoir de coupure inférieur au courant de court-circuit présumé à l’endroit où il est installé, à condition qu’un autre dispositif, placé en amont, possède au moins le pouvoir de coupure nécessaire, et que l’énergie laissée passer par celui-ci ne dépasse pas ce que le dispositif aval et les canalisations protégées peuvent supporter sans dommage. C’est le principe de la coordination entre protections en série, dont les caractéristiques se lisent chez le fabricant.
Le plafond de 3000 A derrière les premiers disjoncteurs reste, lui, une exigence sur l’installation. La valeur réelle dépend du branchement et de la longueur de la liaison ; en cas de doute sur un raccordement de forte puissance, la question se pose au gestionnaire de réseau avant de choisir le tableau.
Ce que ça change sur le schéma
Pour une installation domestique, la sous-section 3.1.2.2 veut que le schéma unifilaire reprenne le type et les caractéristiques des dispositifs de protection contre les surintensités et des différentiels. Le pouvoir de coupure fait partie de ces caractéristiques, et il figure explicitement dans la liste prévue pour les installations non domestiques, avec les courants de court-circuit présumés supérieurs à 3000 A à l’origine et à chaque tableau. Noter 3000 A sur chaque disjoncteur de première ligne évite la question le jour du contrôle. Le couple section et calibre, qui va avec, est détaillé dans notre article sur les sections de câbles et calibres de disjoncteurs, et les exigences du schéma dans notre guide du schéma unifilaire.
Avec Amperio
Dans Amperio, chaque disjoncteur et chaque différentiel du schéma porte ses caractéristiques, saisies à la main ou à la voix, et le calibre est confronté à la section des conducteurs au fil de la saisie. Devant un tableau, le Guide RGIE répond à la question « quel pouvoir de coupure en domestique ? » avec le point e de la sous-section 5.3.5.5 à ouvrir. Ces vérifications aident à préparer le contrôle et ne remplacent pas l’organisme agréé. La page schéma unifilaire montre le déroulé.
Sources
- RGIE, Livre 1, section 2.6.4 (SPF Économie, version 07 du 15.09.2026)
- RGIE, Livre 1, sous-sections 4.4.1.3 et 4.4.2.1 (SPF Économie, version 07 du 15.09.2026)
- RGIE, Livre 1, sous-section 5.3.5.5 point e (SPF Économie, version 07 du 15.09.2026)
- RGIE, Livre 1, sous-section 3.1.2.2 (SPF Économie, version 07 du 15.09.2026)
Cet article est informatif. Il ne remplace ni le RGIE (Livre 1) ni l'avis de votre organisme agréé.
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