Photovoltaïque : quel découplage du réseau exige le RGIE ?
Coupure de sécurité verrouillable ou, jusqu’à 30 kVA, système automatique de sectionnement : ce que le Livre 1 du RGIE exige pour découpler des panneaux.
Ça dépend de la puissance de la source. Une installation photovoltaïque qui peut fonctionner en parallèle avec le réseau ne doit pas le remettre sous tension : le Livre 1 du RGIE demande pour cela une coupure de sécurité verrouillable, accessible au gestionnaire du réseau et commandée par une protection de découplage. Jusqu’à 30 kVA de puissance AC maximale, un système automatique de sectionnement peut la remplacer, à des conditions précises.
D’où vient la règle : le retour de tension
La règle se trouve dans la sous-section 5.3.3.1, consacrée à la coupure de sécurité, au point a.4. Le texte demande d’abord des mesures contre toute remise sous tension intempestive du matériel tant que des personnes y travaillent. Il ajoute que d’autres mesures sont prises, si nécessaire, pour éviter le retour de tension lorsque l’installation est alimentée par plusieurs sources.
Une installation photovoltaïque est une de ces sources. Le Livre 1 la cite lui-même en exemple de source d’énergie autonome, à côté du groupe électrogène (sous-section 4.3.3.4). Quand l’onduleur injecte sur le réseau, il existe donc une deuxième source en parallèle avec celle du gestionnaire de réseau. Si le réseau est coupé pour une intervention, la production ne doit pas continuer à l’alimenter.
La règle générale : une coupure de sécurité verrouillable
Pour une source autonome qui ne fait pas partie du réseau de distribution et qui peut travailler en parallèle avec lui, le point a.4 considère la condition remplie lorsque la source répond à une première exigence : une coupure de sécurité verrouillable, accessible au gestionnaire du réseau de distribution. Son mécanisme fonctionne sur base d’une protection de découplage, qui commande le découplage en cas de variation anormale de la tension, de la fréquence, ou des deux.
Le texte précise que ces exigences s’appliquent sans préjudice des sous-sections 6.4.1 et 6.4.6.2, qui relèvent du contrôle de conformité. Elles s’ajoutent donc aux règles de contrôle, elles ne les remplacent pas.
Jusqu’à 30 kVA : le système automatique de sectionnement
Pour les sources autonomes dont la puissance maximale AC est inférieure ou égale à 30 kVA, le même point a.4 admet une solution alternative : un système automatique de sectionnement. Il répond à deux conditions.
- Il est constitué de deux éléments placés en série, qui assurent chacun le découplage entre le circuit et le réseau de distribution. L’un garantit la séparation physique au moyen d’un interrupteur-sectionneur omnipolaire automatique. Le second peut être un système de sectionnement électronique.
- Il assure une coupure galvanique en moins de 5 secondes lorsque l’alimentation du réseau est déconnectée ou disparaît.
Le second élément électronique est une dérogation. En règle générale, le point a.3 de la même sous-section interdit d’utiliser des dispositifs à semi-conducteurs pour assurer le sectionnement. Le point a.3 range d’ailleurs ces systèmes automatiques de sectionnement parmi les dispositifs de sectionnement admis en basse tension.
Le chapitre 7.112, qui vise les installations photovoltaïques domestiques, s’applique jusqu’à 10 kVA (section 7.112.1). Une installation de ce chapitre reste donc sous le seuil de 30 kVA. Avant la pose, lisez dans la documentation de l’onduleur comment le découplage est réalisé, et ce qui reste éventuellement à prévoir au tableau.
Ce que l’organisme agréé teste
Lors du contrôle de conformité ou de la visite de contrôle d’une installation photovoltaïque domestique, les essais de l’organisme agréé portent aussi sur la coupure du système automatique de sectionnement par manque de tension du réseau, en moins de 5 secondes. Ils vérifient l’absence de production photovoltaïque sur le réseau tant que la tension de ce dernier ne réapparaît pas (section 7.112.3).
La même section ajoute le contrôle des différentiels : leur fonctionnement par leur propre bouton de test, puis les boucles de défaut et leur raccordement correct, par un courant de défaut d’au moins une fois la sensibilité nominale de l’appareil. Le rapport reprend ensuite le nombre et la puissance nominale des modules, ainsi que le nombre, le type, le numéro de série et la puissance a.c. maximale des onduleurs (section 7.112.4).
Avant la visite : gardez à portée de main les numéros de série et la puissance a.c. maximale de chaque onduleur. Le rapport les demande, et les relever sur un appareil en toiture ou dans un grenier fait perdre du temps à tout le monde.
La protection contre les chocs avec deux sources
Le découplage ne règle pas tout. Selon la sous-section 4.2.3.1, lorsque l’installation est alimentée par des sources en parallèle, par exemple le réseau public et une source autonome, la protection contre les contacts indirects est assurée dans les deux cas : alimentation par les sources en parallèle, ou par une seule d’entre elles. Le bon fonctionnement des appareils de protection ne peut pas être compromis par les composantes continues venant des convertisseurs statiques ou des filtres.
Le chapitre 7.112 ajoute ses propres mesures (section 7.112.2) : le repérage des conducteurs en courant continu et des conducteurs actifs en courant alternatif, les panneaux d’avertissement complétés par « Ne pas déconnecter en charge » et « Installation électrique toujours sous tension » ou équivalentes, et la mise à la terre des cadres métalliques des modules, sauf interdiction du fabricant.
Et une borne de recharge qui réinjecte
La question se pose aussi pour une borne de recharge bidirectionnelle. Si elle permet de réinjecter de l’énergie dans l’installation fixe, la sous-section 7.22.5.4 renvoie aux prescriptions des unités de production décentralisées, dont la coupure de sécurité. Elle impose aussi l’avertissement « Attention : réinjection possible de l’énergie électrique dans l’installation » sur la borne et sur les tableaux qui en sont alimentés. Le cas combiné est détaillé dans notre guide photovoltaïque et borne de recharge sur un même schéma.
Ce que ça change sur le schéma et le plan
Le schéma unifilaire d’une installation domestique reprend les sources, dont le panneau solaire, l’onduleur et la batterie, avec les différentiels et les protections contre les surintensités (sous-section 3.1.2.2). Le plan de position indique la position de ces mêmes sources (sous-section 3.1.2.3).
En pratique, faites apparaître le dispositif de découplage sur le schéma, entre l’onduleur et le tableau, ou notez qu’il est intégré à l’onduleur. Le contrôleur lit ainsi d’un coup d’œil ce qu’il va tester. Le contenu complet du schéma est repris dans notre guide sur les exigences du schéma unifilaire.
Avec Amperio
Dans Amperio, vous placez les panneaux, l’onduleur et son circuit sur le schéma unifilaire, à la main ou à la voix, puis sur le plan de position, avec le même repérage. Les points du chapitre 7.112 et le type de différentiel derrière un onduleur sont vérifiés au fil de la saisie. Ces vérifications aident à préparer le contrôle et ne remplacent pas l’organisme agréé. La page schéma unifilaire montre le déroulé.
Sources
- RGIE, Livre 1, sous-section 5.3.3.1, points a.3 et a.4 (SPF Économie, version 07 du 15.09.2026)
- RGIE, Livre 1, sous-section 4.2.3.1 (SPF Économie, version 07 du 15.09.2026)
- RGIE, Livre 1, sections 7.112.1 à 7.112.4 (SPF Économie, version 07 du 15.09.2026)
- RGIE, Livre 1, sous-section 7.22.5.4 (SPF Économie, version 07 du 15.09.2026)
- RGIE, Livre 1, sous-sections 3.1.2.2 et 3.1.2.3 (SPF Économie, version 07 du 15.09.2026)
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